Mitch Hedberg,
ancêtre du twitLoL

La performance de Zach Galifianakis (tu sais, le barbu de « Very Bad Trip ») à Saturday Night Live le 6 mars dernier était particulièrement réussie, certes grâce à sa barbe et des apparitions cauchemardesques comme R. J. Sizzle, mais aussi grâce à son monologue en forme de petites phrases. Assis au piano, il enchaîne des remarques absurdes et des blagues très courtes, sans transition. En fait ce style m’a rappelé Mitch Hedberg, un comique de stand-up américain qui avait développé une technique originale consistant en une série de blagues d’une à deux phrases, enchaînées en non sequitur (tu vois, le latin ça sert à éviter les répétitions). Il était nerveux sur scène, accroché à son micro serré contre lui, à l’abri derrière des lunettes de soleil demi teinte, les cheveux sur la gueule, avec un sourire coincé et parfois carrément les yeux fermés. Un vrai ovni du genre. En réécoutant Hedberg, je ne peux pas m’empêcher de penser à Twitter et son format qui enchaîne des remarques courtes et drôles (parfois…) et sans lien les unes avec les autres. (@alicelowe: »Les pets sont les fantômes des légumes » , @BigBoyler: »Parfois j’ai l’impression que je ne suis plus l’homme dont je suis tombé amoureux » etc.). En fait, quand on regarde des vidéos de Mitch Hedberg, on ne peut pas s’empêcher de penser « c’est twittable ». Hedberg est mort d’overdose en 2005, soit un an avant l’invention de twitter.
Quelques archéotweets favoris:
I believe in Gosh
Avant je me droguais. Je me drogue toujours, mais avant je me droguais aussi.
Le riz c’est génial quand tu as tellement faim que tu mangerais bien 2000 trucs.
Les chiens sont coincés en position pour faire des pompes pour toujours.
J’ai pas dormi pendant 10 jours parce que ce serait trop long.
J’allais me faire blanchir les dents mais finalement à la place je me suis fait bronzer.
J’avais un perroquet qui pouvait parler, mais il ne savait pas dire j’ai faim, alors il est mort.
