La performance de Zach Galifianakis (tu sais, le barbu de « Very Bad Trip ») à Saturday Night Live le 6 mars dernier était particulièrement réussie, certes grâce à sa barbe et des apparitions cauchemardesques comme R. J. Sizzle, mais aussi grâce à son monologue en forme de petites phrases. Assis au piano, il enchaîne des remarques absurdes et des blagues très courtes, sans transition. En fait ce style m’a rappelé Mitch Hedberg, un comique de stand-up américain qui avait développé une technique originale consistant en une série de blagues d’une à deux phrases, enchaînées en non sequitur (tu vois, le latin ça sert à éviter les répétitions). Il était nerveux sur scène, accroché à son micro serré contre lui, à l’abri derrière des lunettes de soleil demi teinte, les cheveux sur la gueule, avec un sourire coincé et parfois carrément les yeux fermés. Un vrai ovni du genre. En réécoutant Hedberg, je ne peux pas m’empêcher de penser à Twitter et son format qui enchaîne des remarques courtes et drôles (parfois…) et sans lien les unes avec les autres. (@alicelowe: »Les pets sont les fantômes des légumes » , @BigBoyler: »Parfois j’ai l’impression que je ne suis plus l’homme dont je suis tombé amoureux » etc.). En fait, quand on regarde des vidéos de Mitch Hedberg, on ne peut pas s’empêcher de penser « c’est twittable ». Hedberg est mort d’overdose en 2005, soit un an avant l’invention de twitter.
Quelques archéotweets favoris:
I believe in Gosh
Avant je me droguais. Je me drogue toujours, mais avant je me droguais aussi.
Le riz c’est génial quand tu as tellement faim que tu mangerais bien 2000 trucs.
Les chiens sont coincés en position pour faire des pompes pour toujours.
J’ai pas dormi pendant 10 jours parce que ce serait trop long.
J’allais me faire blanchir les dents mais finalement à la place je me suis fait bronzer.
J’avais un perroquet qui pouvait parler, mais il ne savait pas dire j’ai faim, alors il est mort.
Prenez au hasard deux mots anglais qui séparément ne sont (trop) tendancieux: «magic» et «hole», soit, respectivement, magique et trou. Maintenant, il vous faut réfléchir à ce que vous inspire ce «trou magique»: Qu’est-ce que ça peut bien être?
L’organisation New Left Media, a mis en ligne des images de la marche des opposants à Obama sur Washington le 12 septembre dernier. Oublions quelques instants l’abyssale bêtise des participants, et concentrons nous sur ce nouveau type de journalisme.
On dirait qu’Hollywood a trouvé le moyen d’avoir des personnages féminins principaux noires sans perdre l’attention des blancs: prendre l’expression « colored » littéralement.
J’étais heureusement surpris de découvrir que l’héroïne de « La Princesse et la grenouille » était une jeune noire de New Orleans, et j’allais mettre mon cynisme de côté, avant de comprendre qu’elle allait passer la majeure partie du film dans la peau d’une grenouille. Verte, donc. Une drôle de coïncidence deux mois après « Avatar » avec Zoe Saldana, qui a beau avoir obtenu un rôle principal dans le plus gros blockbuster de tous les temps, reste invisibilisée.
Si plus un film ne se fait à Hollywood sans le personnage du « pote sympa » noir ou de la « fille rigolote » noire, le cap de « l’héroïne du film » noire n’est pas encore passé dans le cinéma grand public. Il faut croire que les peaux bleues ou vertes font moins peur que la peau noire.
On l’aura compris, contre l’assaut d’internet, le cinéma se défend mieux que la télévision (qui pense que diffuser des vidéos de YouTube pendant les émissions et les faire commenter par des acteurs de théâtre de boulevard, ça va aider). L’idée: faire revenir la vieille technologie 3D, malheureusement abandonnée après quelques essais concluants comme Le crime était presque parfait et House of Wax. Quelques films, principalement d’animation, ont donc été proposés en 3D, à grand renfort de « attention devant toi! » et de nuages découpés pour faire profond. Avatar, le nouveau film de James Cameron, a mieux que les autres, et malgré un scénario oppressant (le bon sauvage et ses traditions), réussi à intégrer la 3D dans sa mise en scène. Les plans ont été écrits avec l’idée de la profondeur de champ, et que le regard du spectateur se promènera entre les fougères et les bêtes. Associée à la projection numérique qui propose une netteté d’image nettement supérieure à la pellicule, le film gagne sa place de révolution technologique.
On peut donc imaginer qu’un nouveau standard soit posé, et qu’on ne pourra plus en attendre moins d’un blockbuster de science-fiction hollywoodienne. Habituons-nous donc à ces lunettes en plastique. Hors, quand on va voir un film en 3D, on nous donne une lingette nettoyante à forte teneur en produits chimiques type éther. J’avoue ne pas avoir résisté à un petit sniff de lingette avant le film, ça rend la 3D encore plus efficace. Je veux dire, ça c’est de l’évasion. Je suspecte que l’enthousiasme autour du film est en partie lié aux vapeurs d’éther qui s’élèvent dans la salle au moment où plusieurs centaines de pochettes de lingettes s’ouvrent simultanément dans la salle, mais quitte à être drogué, autant le faire bien (le film est long). Et je ne suis pourtant pas un grand consommateur de drogues (à part celles qui sont en libre-service). Donc imaginez ce qui va se passer quand les plus grand drogués de France vont s’en rendre compte? Je parle bien sûr des jeunes.
Dimanche soir, j’étais invité à dîner, chez des gens qui en ont un (un jeune). Je n’ai pas l’habitude de manger avec un jeune, alors j’ai complètement oublié d’adapter mon discours. J’ai donc raconté les bénéfices inattendus de la lingette nettoyante au cinéma en 3D. Sa mère lui a brusquement mis les mains sur les oreilles. Mais le mal était fait. J’ai vu s’illuminer son regard pile-pubère de 13 ans, sa main titillant le téléphone dans sa poche pour prévenir ses potes. Qui s’empresseront de prévénir les leurs. En fait, je pense avoir provoqué une vague internationale d’addiction à la lingette nettoyante de lunettes en 3D chez les jeunes. Qui provoquera inmanquablement un arrêt de la production de films en 3D. Mes excuses donc à James Cameron et aux amateurs de cinéma frisson.
C’est notre petit théâtre intime, où les comi-tragédies de notre toute petite vie se rejouent avec des fragments de nous même, où on espère que les personnages issus de nous-même ont la réponse à nos questions, où l’on se rend compte que la personne dont nous pensions qu’elle détenait la solution est aussi perdue que nous, qu’elle se raccroche à deux augures inintelligibles. Que peut-être si les monstres ne nous ont pas donné d’explication, c’est parce qu’ils ne peuvent pas mieux faire, que leurs bagarres et leurs corps sont des raisons suffisantes. Qu’il n’y a pas de réponse. (Lire la suite…)
Cette vidéo réalisée par, entre autre, The Economist, à l’occasion de la conférence Media Convergence forum (donc, pas des quiches, normalement) nous rappelle quelques chiffres qui donnent le tournis. Est-ce qu’on pourrait avoir une version française à distribuer aux patrons des médias français? Merci.
Prenez au hasard deux mots anglais qui séparément ne sont (trop) tendancieux: «magic» et «hole», soit, respectivement, magique et trou. La traduction littérale en français est parfaite, lorsqu’on associe les deux termes, ça nous donne le «trou magique» («magic hole»); jusque là, c’est très facile. Maintenant, il vous faut réfléchir à ce que vous inspire ce «trou magique»: Qu’est-ce que ça peut bien être?
Pour n’importe quel pédé qui se respecte, le «trou magique», c’est le nom de la nouvelle fleshlight à la texture si douce, délicate, légèrement rosée comme un peau encore fraîche juste après la douche, hurmf, ma fleshlight donc. Ou encore c’est le surnom que le Boucher de Belleville a donné à mon cucul, suite à l’incident survenu au CUD l’hiver dernier. Non?
Donc, ça doit être le nom de la nouvelle star de Faucon, «John Magichole», trop sex le mec. Toujours pas. Alors, c’est sûrement le nouveau bar à fouette de la rue des Mannequins qui sucent, ça vient d’ouvrir; fini les Glove, One Way, Mic Man et consoeurs, humh sexy. Ou bien, c’est la nouvelle soirée Chaps Only que Nicolas et Alexis veulent faire dans leur cave, vendredi? La position du Kamasutra inventée par Foucault? La nouvelle assoce des passives de droite ? Une nouvelle marque de gel qui émoustille les papilles mucales ?
Raté. Le trou magique n’est pas olé-olé, c’est simplement le nouveau téléphone portable Anycall, la branche téléphonie mobile de Samsung en Corée. Visiblement, la personne du service commercial qui a pondu l’idée a un peu survendu ses compétences dans la langue de Shakespeare. Sur son curriculum vitae, là ou il avait noté anglais courant, il fallait comprendre anglais niveau sixième, premier trimestre. Résultat: Déception chez des milliers de cochonnes anglophones. Manquerait plus qu’il ne fasse pas vibreur.
L’organisation New Left Media, visiblement proche de Truthout, un média progressiste d’analyses et opinions avec un bien joli site, a filmé et mis en ligne sur sa chaîne YouTube, les images de la marche des opposants à Obama sur Washington le 12 septembre dernier.
Évidemment, c’est horrifiant, mais oublions quelques instants l’abyssale bêtise des participants de la «Tea Party» et concentrons nous sur le journaliste. Qui n’est en fait pas un journaliste. Mais qui, sans aucun doute, transmet de l’information. (Lire la suite…)
Le documentaire Paris is Burning est disponible sur You Tube, en 11 morceaux. Un peu de voguing, un peu de New York, un peu de Paris. Beaucoup d’émotion.